L’interview de Brigitte Henriques, présidente du Comité National Olympique et Sportif Français

L’interview de Brigitte Henriques, présidente du Comité National Olympique et Sportif Français

Brigitte Henriques est devenue en juin 2021 la première femme élue à la Présidence du Comité National Olympique et Sportif Français. Elle accorde à la Fondation du Sport Français une interview exclusive.

De pratiquante de football à la Vice-Présidence de la FFF, vous avez occupé avec succès tous les postes qu’une sportive confirmée rêve d’exercer. Lequel avez-vous le plus apprécié ? 

Brigitte Henriques lors de son élection à la Présidence du Comité National Olympique et Sportif Français (Photo Philippe Millereau / KMSP)

Brigitte Henriques : Difficile question… Je privilégierais le souvenir de la petite fille de cinq ans qui joue au foot avec l’insouciance de son âge, même si ça n’a vraiment pas été facile d’intégrer un club dans les années 80… Donc, jusqu’à la fin de mes jours, le plaisir de jouer au football demeurera ce qui me procure le plus de joie. Cependant, je ne vais pas oublier le fait d’avoir réalisé deux rêves à la Fédération française de football : celui de voir le nombre de licenciées passer de 50.000 à 218.000 et d’être parvenue à faire de la France une nation de référence au niveau du développement du football féminin. Et puis bien sûr, d’avoir organisé, en France, la Coupe du monde en 2019 : un autre rêve exhaussé ! Être dirigeante, ce sont des responsabilités mais aussi de grandes satisfactions lorsque l’on parvient à faire bouger les choses et à emmener l’ensemble des acteurs avec soi.

Lors de votre élection, vous avez déclaré, « Je serai là pour porter la voix du sport français ». Concrètement que signifie cette promesse pour le sport féminin ?

B.H. : Tout d’abord, il s’agissait, en moins d’un an, d’être capable de mobiliser et de concerter l’ensemble des 108 fédérations et membres du CNOSF, notamment en ces temps difficiles de crise sanitaire, et d’échanger avec les acteurs des territoires qui donnent de l’écho et de la densité à toutes nos actions. Nouer des relations de proximité avec tous les représentants du mouvement sportif français, afin de porter avec justesse leurs attentes et leurs besoins. Et puis, concernant spécifiquement le sport féminin, faire en sorte que les fédérations puissent davantage structurer cette pratique, à la fois au niveau de leur DTN et de leur projet de développement. En clair, Il fallait enclencher la première vitesse, que les fédérations ressentent une impulsion politique. Mettre en place des actions de développement concrètes, notamment dans le cadre de l’accompagnement des fédérations qui ont le plus besoin, en déployant des plans de féminisation. Organiser des échanges et des retours d’expérience entre fédérations, entre celles qui sont pionnières sur ces programmes et les autres, afin de tendre progressivement vers la professionnalisation du sport féminin. C’est aussi grâce à des performances plus nombreuses que nous contribuerons à une plus grande médiatisation, au rayonnement du sport féminin dans son ensemble, et que nous stimulerons l’investissement du monde de l’entreprise pour aller plus loin encore. 

La Fondation du sport français avec ces différents dispositifs, constitue un outil précieux pour le sport de haut niveau et le sport amateur. Qu’en pensez-vous ? 

B.H. : La Fondation du sport français a été créée par le CNOSF et constitue donc un véritable levier pour le sport de haut niveau, avec notamment le Pacte de performance mais également pour le développement de la pratique amateure comme en témoigne la mise en place, lors de la crise sanitaire, de l’opération solidaire de dons « Soutiens ton club » ! Le CNOSF va donc continuer de développer ces outils avec la Fondation du sport français. 

Vous parlez souvent du collectif, vous souhaitez vous investir la Fondation du sport français ? Quelle sera la nature de votre engagement ? 

B.H. : Oui, il est important que l’ensemble des acteurs soit en phase. L’union sacrée que nous avons démontrée en organisant avec huit têtes de réseau du sport français la Séquence Sport de la Présidentielle 2022, le 17 mars dernier, au CNOSF, en est une belle illustration. Il est nécessaire de pouvoir compter sur l’ensemble des acteurs, notamment avec l’échéance de l’Héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, mais aussi dans la réaffirmation de la fonction sociale et sociétale du sport dans notre pays.

Vous êtes la première femme présidente du CNOSF. Un symbole sociétal, une avancée ?

B.H. : Effectivement, c’est une avancée, mais pas seulement… C’est aussi une immense responsabilité à la mesure du symbole ; il faut être à la hauteur de la fonction qui est la mienne aujourd’hui, afin que l’on parle davantage de mes compétences et du bilan de mon équipe que du fait que je sois une femme. Mais il est clair que je dédie cette élection à toutes les femmes, parce qu’elles doivent oser passer de numéro deux à numéro un. Et puis, j’ai été élue par 108 fédérations dont une très grande majorité est présidée par des hommes, c’est donc symboliquement quelque chose de fort. Je suis très reconnaissante de la confiance qui m’a été accordée.

Quel message adressez-vous au monde sportif en matière d’accessibilité et de performance ? 

B.H. : Nous fédérons aujourd’hui 17 millions de licenciés. Nous pouvons aller plus loin et permettre à nos 150 000 clubs d’accueillir davantage de pratiquants. L’accessibilité doit notamment passer par le fait d’être capable de proposer dans les clubs fédérés, à la fois une pratique loisir mais également des compétitions. Il nous faut aider les clubs à opérer cette évolution de leur l’offre et le CNOSF les accompagnera dans cette mutation. Quant à la performance, c’est notamment de l’ordre de la responsabilité de Claude Onesta, manager général de la Haute Performance à l’Agence Nationale du Sport (ANS). Notre ambition est donc de contribuer à ce que le déploiement du plan Ambition Bleue de l’ANS puisse être le plus fluide possible, notamment politiquement. 

Les Jeux Olympiques et Paralympiques approchent à grand pas. Que diriez-vous aux entreprises qui hésitent à sauter le pas pour soutenir concrètement nos sportifs tricolores ? 

B.H. : Je leur dis que cela fait 100 ans que nous attendons le retour des Jeux et des Jeux Olympiques et Paralympiques en France ! J’ajoute que nos athlètes sont de véritables modèles et des sources d’inspiration pour notre jeunesse et pour la Nation entière. Enfin, je leur réaffirme que c’est vraiment le moment de nous rejoindre ! D’autant que les conditions d’entrainement et de pratique des athlètes de haut niveau sont totalement hétérogènes. Il est donc nécessaire de pouvoir compter sur le soutien du monde de l’entreprise. Il est important de le savoir aux côtés de nos athlètes afin d’optimiser la réussite des Jeux de Paris 2024 et de partager ensemble ce moment qui sera exceptionnel. 

Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver sont désormais terminés. Quel bilan dressez-vous de nos tricolores ? Comment faire pour que les sports d’hiver et d’été soient le même pied d’égalité en matière de financements privés ? 


B.H. : Bravo à Marie-Amélie Le Fur et à l’équipe de France qui termine à la quatrième place des Jeux Paralympiques avec de très belles médailles. Quant aux quatorze médailles olympiques, elles égalent pratiquement le record réalisé à PyeongChang, en 2018. A Pékin, Quentin Fillon-Maillet a été extraordinaire, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont obtenu la consécration olympique, Clément Noël était au rendez-vous, tout comme Justine Braisaz-Bouchet… Et j’ai aussi apprécié ce formidable esprit d’équipe. Donc, je dirais un bilan positif pour les Jeux Olympiques et excellent pour les Jeux Paralympiques. Enfin, je pense que pour que les sports d’hiver et d’été soient sur un même pied d’égalité, il faut poursuivre dans la voie que nous avons ouverte. Nous devons continuer à installer l’idée et l’image d’une équipe de France unie comme ce fut le cas, notamment, au moment du dévoilement de son emblème avec notre nouvel équipementier. Ne pas faire de différence entre les athlètes paralympiques, olympiques, d’hiver et d’été, afin de consolider les liens entre eux et donner à tous les membres de l’équipe de France la même visibilité en entretenant la promesse de beaux événements à partager.

Propos recueillis par Guillaume Le Bohellec

Lucie Ehrmann – Une hockeyeuse sur gazon aux multiples casquettes

Lucie Ehrmann – Une hockeyeuse sur gazon aux multiples casquettes

Lucie Ehrmann est une hockeyeuse sur gazon au profil atypique. Au delà d’être une grande championne, elle est motivée par l’envie d’aider les autres. Découvrez son interview, remplie de sincérité.

Présentez-vous :

Je m’appelle Lucie Ehrmann. J’ai 24 ans, je suis franco-américaine (mon père est américain). Je suis gardienne de but en hockey sur gazon pour l’équipe de France féminine depuis 2013 et je joue cette saison pour le club de Den Bosch Dames 1 aux Pays Bas. A côté j’aspire à devenir coach performance ou logo-thérapeute (une thérapeute qui apprend aux gens comment mieux penser), neuro-psychologue ou encore coach de vie / coach en santé mentale. Mais ces différents métiers se regroupent un peu.

Lucie Ehrmann – Gardienne de l’équipe de France féminine

Comment et pourquoi vous-êtes vous dirigée vers le hockey sur gazon ?

Pourquoi ? Pour la passion de ce sport que je trouve magnifique à voir et génial à pratiquer !

Comment ? J’ai découvert très tôt à l’école, grâce à des entraîneurs du club de SA Mérignac (Bordeaux) qui nous apprenaient. J’étais en CE1 ou CE2, j’avais 7 ou 8 ans. Je suis tout de suite tombée amoureuse de ce sport mais je faisais d’abord du tennis donc je n’ai pas démarré en club tout de suite. A 12 ans je me suis cassée le poignet et quand j’ai repris le sport j’avais envie de faire un sport collectif, alors je me suis naturellement tournée vers le hockey.  

Quel est votre palmarès et quels sont vos objectifs sportifs ?

J’ai 2 titres de championne de France en club U16 (un avec SA Mérignac et un avec Villa Primrose -tous les deux à Bordeaux-), 1 titre de championne de France en hockey en salle U14 avec l’Aquitaine et 1 titre de Nationale 2 avec mon club Villa Primrose. 1 fois vice championne de France U16 et une fois 3ème. Avec l’équipe de France j’ai fini 4ème de coupe d’Europe A en 2013 avec les U18.

Puis j’ai fait une pause dans le hockey international et je suis revenue en 2017, on a fini 3ème d’une Hockey World League I ( c’est une compétition européenne, mais ce modèle n’existe plus) .

En 2019 j’ai fini 5ème de coupe d’Europe A U21 et j’ai été élue meilleure gardienne européenne.

En 2019 toujours, championne d’Europe C avec l’équipe de France et l’été dernier en 2021 : vice championne de coupe d’Europe B, ce qui était énorme car personne (sauf nous) n’aurait parié sur nous pour arriver en finale ! 

Cette année j’ai été vice-championne d’Europe avec mon club néerlandais, nous avons malheureusement perdu la finale.

Pourquoi avez-vous choisi de jouer à l’étranger ?

Parce que quand je suis revenue en équipe de France à 19 ans, au début je me comparais beaucoup à l’autre gardienne et cela m’affectait beaucoup. Du coup j’ai arrêté de me dire « je veux être meilleure qu’elle », et j’ai commencé ma quête pour « devenir la meilleure version de moi-même. ». Puis 2 ans après je jouais encore en France et je me suis dis  « mon rêve c’est les Jeux Olympiques. Et tu veux être la meilleure version de toi-même. Donc pour devenir la meilleure version de moi je veux apprendre des meilleures, et les meilleures sont aux Pays Bas. Donc je vais postuler aux Pays Bas. » 

Les Pays Bas sont la meilleure nation mondiale chez les filles depuis plus de 15 ans, alors c’était une évidence pour moi de postuler dans les clubs néerlandais. C’est ma 3ème saison aux Pays Bas et cette année j’ai été recrutée comme gardienne remplaçante (2ème gardienne) à Den Bosch Dames 1 qui est le meilleur club féminin du monde depuis 1998.

Aucune étrangère n’avait joué pour elles depuis 10 ans, c’est une immense fierté d’y avoir été recruté car c’est purement et simplement des années à travailler sans relâche qui ont payé. Je joue avec 7 filles championnes Olympique de Tokyo 2020, certaines ont fait 2, 3 voire 4 JO et ont 3 médailles d’or olympiques (2008, 2012, 2020) et vice championnes olympiques (2016), elles sont championnes du Monde , championnes d’Europe… certaines de mes coéquipières ont gagné tous les tournois qui existent au hockey sur gazon. Je voulais apprendre des meilleures mais je n’avais jamais osé rêver avoir l’opportunité d’un jour pouvoir m’assoir à la table de Den Bosch et de savoir que je fais partie de leur équipe. C’est un rêve éveillé tous les jours et je ne prends pas cette opportunité pour argent comptant. Avec Paris 2024 qui arrive très vite, m’entraîner avec ces joueuses me motive immensément à constamment repousser mes limites.

Vous menez un double projet sportif et professionnel, pouvez-vous nous en dire plus ?

Au hockey, pour faire un gros résumé, on ne gagne pas d’argent. Je joue dans le meilleur club du monde mais je ne suis pas rémunérée et l’équipe de France n’a pas les moyens de nous rémunérer non plus. Alors les doubles projets, ce n’est même pas une question c’est une obligation pour chaque hockeyeuse. D’un autre côté c’est aussi bien, car même si parfois on a la tête partout, et que ça crée du stress (les révisions ou les examens pendant les stages France ou même les compétitions avec l’équipe de France) c’est aussi bien d’avoir la tête ailleurs qu’au hockey pendant la journée et de continuer de se développer en tant que personne, qu’étudiante, et pas simplement en tant que sportive.

Cela fait 8 ans (depuis que j’ai 16 ans) que je m’auto-forme sur le pouvoir du cerveau et des pensées car je suis absolument passionnée de ces 2 sujets.

J’ai une licence en Philosophie que j’ai finie avant de partir aux Pays Bas. Puis depuis que je suis aux Pays Bas je fais mes études à distance. J’ai validé une formation en psychologie générale et à l’heure actuelle je suis une formation en développement personnel et coaching. Après cela, j’aimerais beaucoup suivre la formation à distance de l’université américaine de Chicago sur le fonctionnement du cerveau et en quoi son fonctionnement influence la manière dont on pense. Cela fait 2 ans que je coach des gens à distance et à l’avenir j’aimerais beaucoup faire des conférences, j’ai 3 projets de livres, travailler en coaching 1-1 et/ ou avec des équipes sportives ou des entreprises. Et pourquoi pas pleins d’autres choses, je suis ouverte à tout et j’ai très souvent des nouvelles idées de projets, je suis très passionnée et très travailleuse alors on verra de quoi l’avenir sera fait ! 

Comment faites-vous pour mener à bien ces 2 projets ?

J’avoue que parfois j’ai l’impression de courir partout. Surtout que depuis que j’ai démarré mon podcast que je fais toute seule. J’ai mes études à côté, mon travail à temps partiel, tous les entraînements et toutes les créations de contenu que je fais tous les jours sur mon compte Instagram (@happy_lucie_). Et je veux toujours m’entraîner + , créer + de contenu, mener tous mes projets à fond du coup parfois j’ai la tête partout et des pensées dans tous les sens.  

Mais au final j’arrive toujours à m’organiser et à gérer l’ensemble. Après, tous les jours je me remémore que tout ce que je fais me passionne, que j’ai de la chance de vivre tout ca. J’aime me le remémorer car je ne prends rien pour acquis, car je ne veux pas oublier mes privilèges et je ne veux pas oublier pourquoi je fais tout ça. Je mets mon cœur dans tous mes ouvrages, dans toutes mes rencontres avec les gens ça me fait garder le sourire tous les jours, même si parfois c’est chargé j’aime tout ces projets ! 

Vous produisez également des podcasts et de la musique, qu’est ce qui vous motive à avoir ces nombreuses “casquettes” ?

Purement et simplement la motivation et la passion d’aider les gens. Ca peut paraître très bateau ou cliché mais c’est simplement ça. Quand j’étais adolescente j’ai eu des périodes très difficiles mentalement, et j’ai reçu beaucoup d’aide extérieur. Ca m’a beaucoup touché. Je suis portée par l’amour de l’entraide et par l’envie de rendre en retour toute l’aide que j’ai reçu, car on mérite tous de se sentir bien dans sa peau, d’être épanoui, d’être heureux. C’est vrai dans le sport mais dans la vie quotidienne également : ensemble, on est plus fort. Et je prône toujours ce slogan, pour moi l’entraide c’est primordial. Je ne fais rien pour briller moi personnellement, mon objectif c’est de partager mes connaissances avant d’aider les gens à ce que EUX, développent leurs capacités de faire briller leur lumière encore plus. 

Fin avril je vais démarrer mes interviews : je vais interviewer des athlètes avec un gros palmarès sportif. Je vais appeler ca « be the best you, learn from the best » (sois la meilleure version de toi-même, apprends des meilleurs). Car c’est le slogan que je me suis créée pour m’inspirer moi quand je suis revenue en équipe de France à 18 ans.

Je vais poser aux athlètes des questions sur leurs moments difficiles, leurs doutes, leurs manques de confiance en eux, etc… Mon objectif est de démystifier l’idée que « les meilleurs réussissent parce que ce sont les meilleurs et qu’ils ont un parcours sans embuches et vont toujours très bien car ils sont les meilleurs ». Je veux inspirer les jeunes athlètes à continuer de travailler dur pour leurs rêves et de croire en eux car chaque champion était simplement un compétiteur lambda qui n’a jamais abandonné. 

Et la musique c’est pareil. J’écris des chansons depuis que j’ai 10 ans et la musique m’aide énormément à vivre mes émotions. J’aime partager mes chansons car je me dis que, si moi elles m’aident et m’apaisent, peut-être qu’elles peuvent apaiser quelqu’un d’autre. 

Tous les jours je me dis « je m’en fiche des likes, des vues, des chiffres. Si j’ai réussi à aider au moins une personne à se sentir mieux aujourd’hui, alors l’objectif est réussi. »  C’est ça ma plus grande motivation : aider au moins une autre personne à se sentir mieux. Car on est plus fort, ensemble. 

Propos recueillis par Guillaume Le Bohellec

La Fondation The Adecco Group apporte son soutien à Mandy François-Elie et Florian Grengbo

La Fondation The Adecco Group apporte son soutien à Mandy François-Elie et Florian Grengbo

Mandy François-Elie, championne paralympique et double championne du monde en para-athlétisme, et Florian Grengbo, médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Tokyo en cyclisme sur piste, rejoignent la #TeamPactedePerformance grâce au soutien de la Fondation The Adecco Group, sous égide de la Fondation de France. Estelle Boulinguez, déléguée générale adjointe de cette fondation, a répondu à nos questions.

Estelle Boulinguez – Déléguée générale adjointe de la Fondation The Adecco Group

Présentez-vous et votre fondation.

Je m’appelle Estelle Boulinguez, je suis déléguée générale adjointe de la Fondation The Adecco Group, en charge du mécénat et des innovations sociales. Je pilote le programme d’accompagnement des sportifs de haut niveau dans leur employabilité. La Fondation The Adecco Group est une fondation sous égide de la Fondation de France, elle agit sur des questions d’employabilité des personnes les plus fragiles. Son objectif : expérimenter, imaginer et partager un monde du travail plus durable et plus inclusif. 

Vous devenez mécène de Mandy François-Elie et Florian Grengbo via le Pacte de Performance. Pourquoi est-ce important pour vous de soutenir les sportifs dans leur projet de vie ?

Depuis 2012, le groupe Adecco et la Fondation The Adecco Group sont engagés, au niveau international et en France, dans l’employabilité des sportifs de haut niveau à travers un programme de mécénat de compétences. Nous accompagnons les athlètes dans la définition de leur projet professionnel en parallèle de leur carrière sportive mais également après. La Fondation, cette année, a décidé d’aller plus loin en vue des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Nous souhaitions donner à deux athlètes l’opportunité de mener à bien, de manière concrète, le projet sportif en parallèle de leur projet professionnel.

Nous avons donc choisi d’accompagner Mandy François-Elie et Florian Grengbo, via le Pacte de Performance. L’objectif de ce soutien est de leur permettre d’atteindre leurs objectifs sportifs, grâce à la bourse versée via le Pacte, mais aussi de leur faire profiter de ces trois années pour travailler avec nous, experts de l’emploi, sur leur projet professionnel.

Comment les avez-vous choisis ?

Grâce au Pacte de Performance, nous avons découvert différents profils de champions avec de grandes ambitions pour Paris 2024. Nous avons étudié leur CV et leur motivation à intégrer notre programme et présélectionné quatre athlètes. Ils ont tous été coachés pendant un mois avant de présenter leur projet au Comité exécutif de la Fondation, qui a choisi Mandy et Florian.

Ce qui a fait la différence, c’est ce que nous pouvons leur apporter, pour construire leur après-carrière sportive, mais aussi ce qu’ils peuvent nous apprendre, notamment en termes de motivation, d’atteinte de la performance et de capacité de rebond. Le Comité exécutif a aussi voulu être représentatif, sur le critère du genre, en sélectionnant un homme et une femme, et sur l’inclusion, en apportant le soutien de la Fondation à une athlète paralympique et un athlète olympique. Nous avons donc désormais une team ambitieuse, qui vise l’Or en 2024 bien sûr, et qui va prouver que l’excellence sportive n’exclut pas, au contraire, la réussite professionnelle. Parce qu’être serein sur son avenir après le sport, c’est un gage d’équilibre, et donc de réussite dans le sport.

Encore trop d’acteurs du sport de haut niveau pensent que mener de front deux projets, ce n’est pas possible ou que cela se fait au détriment de la performance sur les terrains de sport. Mandy et Florian partagent avec nous la conviction inverse, et nous allons pendant trois ans vivre ensemble cette expérience. 

Pourquoi avoir choisi le dispositif Pacte de Performance pour les soutenir ?

Notre but était de continuer notre accompagnement en mécénat et dans l’intérêt général, mais en s’engageant aussi financièrement. Notre soutien au dispositif du pacte de performance s’inscrit donc dans notre démarche de mécénat. Mandy et Florian vont incarner notre programme d’aide à l’employabilité des athlètes de haut niveau. Parce qu’on peut être un grand athlète, et être en difficulté pour accéder au monde du travail, en comprendre les codes, en décrypter les tendances… Ces sportifs seront des ambassadeurs de l’action de la Fondation pour l’accès à l’emploi des publics qui en sont éloignés. 

Avez-vous des idées d’actions que vous allez pouvoir mettre en place avec les sportifs ?

Nous avons déjà travaillé sur quelques idées avec Mandy et Florian. D’abord, ils seront tous les deux mentorés par un expert RH au cours de ces trois ans, afin de construire un projet professionnel qui leur convient.

En plus, nous aimerions les mobiliser sur nos actions d’intérêt général avec des associations que nous soutenons : on parie que les bénéficiaires de ces structures vont adorer rencontrer ces athlètes et découvrir leur parcours inspirant. Notre Fondation va aussi fêter ses 20 ans en décembre et nous associerons Mandy et Florian à ce bel événement solidaire.

Enfin, nous avons en interne un grand challenge autour du sport pour tous, qui permet de soutenir une action solidaire avec l’association Plan International. Nous serions ravis de mobiliser Mandy et Florian sur cette mission.

Outre le soutien financier, vous souhaitez également les accompagner dans leur carrière. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Depuis 2012, nous mobilisons les expertises RH de nos collaborateurs volontaires pour aider les sportifs de haut niveau à construire leur projet professionnel. Pour Mandy et Florian, c’est un mentorat de trois ans qui s’ouvre à eux. Le mentor, c’est celui qui va guider, initier l’athlète au monde professionnel, lui permettre de découvrir des métiers, d’avoir des retours d’expérience et de se rendre compte, très concrètement de ce que pourrait donner son insertion dans le monde du travail. Un grand merci aux deux personnes engagées aux côtés de Mandy et Florian. Leur objectif : leur permettre d’être acteur d’un projet professionnel de haut niveau, qui leur apportera autant de satisfactions que dans leur vie sportive.

Propos recueillis par Guillaume LE BOHELLEC

BPCE Services Financiers devient mécène de Romain Cannone

BPCE Services Financiers devient mécène de Romain Cannone

L’escrimeur Romain Cannone (champion Olympique en épée à Tokyo) rejoint la #TeamPactedePerformance grâce au soutien de BPCE Services Financiers. Dimitri Ghattas, Directeur Général du GIE (Groupement d’Intérêt Économique), nous explique son parcours, les valeurs de l’entreprise et les raisons qui ont poussé le groupe à soutenir l’épéiste.

Présentez-vous et votre entreprise.

Dimitri Ghattas – Directeur Général chez BPCE Services Financiers

Dimitri Ghattas, j’ai 52 ans, je suis marié et père de 2 enfants. Je travaille au sein du Groupe BPCE depuis 1995, et j’y ai fait toute ma carrière professionnelle mais dans plusieurs entreprises du Groupe : Natixis, BPCE S.A. et depuis 3 ans chez BPCE Services Financiers dont je suis le Directeur Général.

L’entreprise est ce qu’on appelle un « Groupement d’Intérêt Économique », elle propose des activités pour l’ensemble des établissements du Groupe BPCE (Banques Populaires, Caisses d’Epargne, CASDEN, Banque Palatine etc …). L’activité principale de « BPCE Services Financiers » est la gestion des opérations financières pour ces établissements. Le GIE gère également pour la plupart des établissements les opérations clientèles au sein de la sphère finance.

Tout cela représente presque 200.000 opérations par an et 1.000 utilisateurs, avec des sommes très importantes en termes de gestion. Nous avons également une deuxième activité depuis 2 ans qui nous a été confiée, c’est la gestion de la sécurisation des paiements.

Un total de 160 personnes travaille pour nous, la moitié sont des salariés propres à BPCE Services Financiers, l’autre moitié représente les consultants qui nous accompagnent tout au long de l’année.

Vous avez souhaité soutenir Romain Cannone dans son projet de vie. Comment et pourquoi avez-vous choisi de soutenir ce sportif tout particulièrement ? 

Il y a plusieurs explications, tout d’abord nous voulons participer à l’aventure olympique puisque le Groupe BPCE est partenaire premium de #Paris2024, donc il y a cette volonté de participer à cette aventure que ce soit pour les Jeux olympiques ou les Jeux paralympiques. Le choix colle à l’ADN du Groupe, cet esprit d’accompagnement, nous voulons le faire avec des athlètes.

Pourquoi Romain Cannone ? C’était vraiment le sportif qu’on voulait soutenir, mais nous n’étions pas sûr de son éligibilité, nous pensions qu’il avait déjà de nombreux soutiens. Mais lorsque j’ai eu les premières discussions avec les équipes de la Fondation du Sport Français, c’est le premier nom qui nous a été indiqué. Romain a une histoire extraordinaire, son titre olympique est quelque chose de peu commun, il y a eu cette surprise car il n’était pas censé aller à Tokyo, puis il arrive avec un statut d’outsider, et la suite on la connaît, une victoire assez implacable avec des écarts que l’on a sûrement jamais vu à ce niveau de compétition.

Finalement, ce parcours de Romain Cannone ressemble étroitement à celui de notre entreprise. En 2018, nous étions en difficulté avec seulement une dizaine d’établissements et une plate-forme technique instable ; aujourd’hui nous en avons 40. Nous avons su développer l’excellence en ayant une certaine réflexion « Comment retrouver notre niveau en qualité et service clients ? ». Nous avons su monter cette nouvelle activité de sécurisation des paiements en partant de rien. Nous sommes allés à Reims dans un contexte difficile, à la veille du premier confinement, et nous avons malgré tout réussi ce développement. La réussite de Romain, partant de loin, qui accède au graal avec ce titre de champion Olympique, ressemble finalement un peu à notre histoire.

Au niveau personnel, j’ai eu moi-même un passé d’escrimeur de haut niveau, je m’étais donc personnellement intéressé à Romain Cannone avant même d’en discuter avec le Groupe. Nous avions vraiment tous les paramètres pour choisir Romain. 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours, notamment sportif ?

J’ai eu un parcours sportif assez intéressant, je suis fan de tous les sports. J’ai eu cette carrière de sportif de haut niveau en fleuret et sabre, et non pas en épée comme Romain (rires), j’ai également été classé en tennis, tennis de table, j’ai eu des titres en Volleyball à Cannes, et puis je me suis ensuite concentré sur la course à pied, j’ai participé 5x au marathon de Paris et à de nombreux trails en montagne..

Le sport fera toujours partie de ma vie, tant que je pourrais en faire. J’essaye d’impulser un courant dans l’entreprise, mais c’est vrai qu’en discutant avec les collaborateurs de l’entreprise, je me suis rendu compte qu’ils étaient nombreux à pratiquer le sport. Le soutien d’un sportif via le #PactedePerformance est devenu une évidence.

Par votre expérience, que pensez-vous du dispositif Pacte de Performance via lequel vous soutenez Romain ? Quels sont les enjeux tant pour les sportifs que les entreprises de ce type d’accompagnement ?

Ce dispositif est une très bonne chose car il permet de structurer un accord entre un sportif et une entreprise. L’avantage en passant par le #PactedePerformance, c’est qu’un panel de profils d’athlètes nous est proposé, et nous sommes sûrs que ces athlètes ont besoin de ce soutien. Cela évite finalement que tous les efforts soient consacrés sur des têtes d’affiches, et permet une répartition des aides financières plus justes.

De nombreux athlètes sont très performants dans leur discipline mais cela ne leur permet pas de s’entraîner en toute sérénité. Ce dispositif permet de soutenir financièrement ces athlètes pour qu’ils se concentrent pleinement sur leur objectif.

Il y a également une partie humaine, leur faire connaître et comprendre les structures de l’entreprise, leur faire rencontrer les collaborateurs. C’est vraiment un point qui est très important pour Romain, car il est encore dans ses études et il veut voir comment cela se passe. Tout ce que nous souhaitons, c’est du partage avec les collaborateurs et une grande réussite pour Romain et les équipes.

Romain Cannone champion Olympique à Tokyo © CNOSF/KMSP

Avez-vous déjà des idées d’activations à réaliser avec l’escrimeur et vos collaborateurs ?

On en a déjà discuté avec Romain, dans le cadre du #PactedePerformance, nous avons le « droit » de le solliciter plusieurs fois dans l’année, nous le ferons bien évidemment dans les périodes « creuses » pour lui, la chose la plus importante c’est vraiment la rencontre entre Romain et les équipes. C’est une source de motivation et d’inspiration énorme pour les collaborateurs et nous avons hâte de vivre ce moment, ils vont voir un champion olympique arriver avec sa médaille d’or.

On va également profiter un peu de la notoriété de Romain pour communiquer avec lui sur nos valeurs, qui sont aussi les siennes d’ailleurs, la compétition, le travail, la performance et la bienveillance. Nous allons travailler ensemble sur ces axes. Nous espérons également organiser une rencontre avec notre conseil d’administration et son président, car ils ont cautionné cette initiative en validant le soutien auprès de Romain.

Nous sommes très impatients !

Votre soutien au mouvement sportif ne s’arrête pas là, vous allez accompagner un autre athlète… pouvez-vous nous en dire plus ?

Pour nous, Paris 2024 ce sont les Jeux olympiques ET les Jeux paralympiques, c’est très important pour nous. Pour le moment, il n’y a rien d’officiel sur ce 2ème soutien mais les discussions sont en cours. 

Nous voulons accompagner un athlète paralympique, nous avons regardé un peu les différents profils des athlètes déjà soutenus, et nous nous sommes rendus que les sportifs de la Fédération Française de Sport Adapté (FFSA) l’étaient un peu moins. Pour faire court, ce sont des personnes ayant principalement une déficience mentale, il y a peu de compétitions aux Jeux paralympiques mais il y en a. Ce soutien nous permet aussi de mettre en avant quelque chose qui nous tient à cœur : l’inclusion.

Nous avons énormément travaillé dans notre entreprise sur la loi handicap, nous avons des collaborateurs qui ont besoin d’être accompagnés. Nous avons donc eu cette réflexion et nous nous sommes rendus compte que ces sportifs en avaient énormément besoin. Nous ne communiquerons pas de nom pour le moment car rien n’est signé mais c’est dans l’ADN du Groupe BPCE et donc de BPCE Services Financiers d’accompagner des athlètes comme des collaborateurs en situation de handicap. 

Propos recueillis par Guillaume Le Bohellec

La Caisse d’Epargne Loire-Centre signe une nouvelle convention de mécénat via le #PactedePerformance

La Caisse d’Epargne Loire-Centre signe une nouvelle convention de mécénat via le #PactedePerformance

Après avoir soutenu Marie-Amélie Le Fur (Para-athlétisme) et Iliana Rupert (Basketball) via le #PactedePerformance, la Caisse d’Epargne Loire-Centre s’engage à nouveau avec la Fondation du Sport Français en accompagnant Julia Tolofua (Judo) et Clément Berthier (Tennis de table handisport). Retour sur la cérémonie de signature dans les locaux de la Caisse d’Epargne Loire-Centre à Orléans.

Signature de la convention à Orléans le vendredi 28 janvier 2022 © CELC

Elise Paquet – Membre du directoire en charge du pôle ressources à la Caisse d’Epargne Loire-Centre

La Caisse d’Epargne Loire-Centre est présente sur les 6 départements de la région Centre-Val de Loire, sa mission est d’accompagner au quotidien les clients dans leur projet de vie, il y a des particuliers, des professionnels, des entreprises, des associations, des collectivités etc …

La Caisse d’Epargne Loire-Centre est fière de faire partie du Groupe BPCE, partenaire premium des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Ce partenariat nous permet d’affirmer nos valeurs de performance et nos valeurs humaines.

Nous avons décidé de renouveler notre engagement à travers le #PactedePerformance, celui-ci nous permet de relever plusieurs objectifs : aider des sportifs de haut niveau dans leur préparation pour Paris 2024, mais également dans leur projet de vie global en leur attribuant une bourse. Ils peuvent ainsi se concentrer pleinement sur leur préparation.

Nous soutenons 2 sportifs de notre territoire, Clément Berthier (Tourangeau) et Julia Tolofua (Orléanaise), ces choix se sont faits très rapidement, nous voulions soutenir un homme et une femme tout en encourageant les valeurs olympiques et paralympiques. On leur souhaite la plus belle réussite possible et on les suivra très attentivement.”

Julia Tolofua – Triple championne de France et championne du monde militaire de judo (+78kg)

Julia Tolofua © CELC

“Mes objectifs sportifs sont clairs, je veux performer au Paris Grand Slam qui début le week-end prochain, puis sur les championnats d’Europe. Sur le long terme, je pense bien évidemment à Paris 2024.

Il y a une grosse concurrence dans ma catégorie, avec Romane Dicko (championne Olympique par équipe et médaillée de bronze en individuelle à Tokyo) notamment qui est au top, c’est une bonne amie, on s’entraîne tous les jours ensemble. Je serai une concurrente de taille pour 2024 et je vais la coller tout au long de l’olympiade (rires).

Je remercie bien évidemment la Caisse d’Epargne Loire-Centre qui m’accompagne dans mon projet de vie, ils sont là pour nous aider, au niveau de mes études de kinésithérapie et sur le plan sportif.

J’ai une pensée très forte pour la Fondation du Sport Français et l’équipe du #PactedePerformance sans qui tout ça ne serait pas arrivé, et je remercie France Judo (Fédération Française de Judo) d’avoir soutenu mon dossier pour obtenir cette bourse.”

Clément Berthier – Médaillé de bronze aux Jeux paralympiques de Tokyo et champion de France (classe 8)

“A 21 ans, je suis en 4ème année d’école d’ingénieur en Aménagement & Environnement à Polytech Tours. J’ai récemment été médaillé de bronze en équipe aux Jeux Paralympiques de Tokyo, une grosse fierté pour moi !

Cette année, je vise les championnats du monde au mois de novembre, et sur le long terme je pense bien évidemment à me qualifier pour Paris 2024, pour essayer d’obtenir une nouvelle médaille.

Je remercie bien évidemment la Caisse d’Epargne Loire-Centre, la Fédération Française de Handisport et la Fondation du Sport Français. Ce soutien me permettra de financer les déplacements sportifs internationaux et le développement de ma nouvelle prothèse de sport.”

Clément Berthier © CELC

Propos recueillis par Sophie Dufour – Article réalisé par Guillaume Le Bohellec

Fabien Lamirault – La quête des médailles

Fabien Lamirault – La quête des médailles

Fabien Lamirault est, à 41 ans, un heureux papa de 3 enfants. Il vit à Nans-les-Pins (Var) avec sa femme, une commune où il est également conseiller municipal. Il devient tétraplégique en 1998 suite à un accident de voiture, c’est au centre de rééducation que le quadruple médaillé d’or paralympique prendra goût à la pratique du para-tennis de table. Accompagné par Engie et la Caisse d’Epargne Côte d’Azur dans le cadre du #PactedePerformance, il nous raconte son parcours.

Fabien Lamirault aux Jeux Paralympiques de Tokyo (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Quel est votre palmarès ?

J’ai participé à mes premiers Jeux Paralympiques à Londres en 2012, puis j’ai été 2 fois médaillé d’or à Rio en 2016. 2 médailles d’or que j’ai pu conserver à Tokyo l’été dernier. J’ai également obtenu quelques titres aux championnats du monde et championnats d’Europe.

Comment vous êtes vous dirigé vers le para tennis de table ?

Lorsque j’étais jeune, je pratiquais la boxe française et le handball. Suite à mon accident de voiture en 1998, j’ai repris goût au tennis de table au centre de rééducation, j’ai retrouvé le plaisir que j’avais à l’époque des années collège. Ça m’a tout de suite donné envie de m’inscrire dans un club handisport, j’ai pris une licence et l’aventure a commencé. Je voulais absolument continuer à faire du sport malgré ce handicap que je ne connaissais pas. C’est pour cela aussi que j’interviens dorénavant en milieu scolaire, pour démocratiser le handicap auprès des enfants, pour qu’ils nous voient et apprennent à nous connaître.

Parlez-nous de votre parcours personnel post accident ?

Lorsque j’ai eu cet accident en 1998, j’étais dans une école hôtelière pour devenir cuisinier. Je voulais faire ce métier depuis tout petit. Mais forcément, j’ai dû faire une croix dessus. Suite à l’accident je suis retourné au Lycée pour préparer un bac ES, c’était un peu laborieux mais je m’en suis sorti. Et c’est lorsque je suis entré à la fac que je suis devenu fort sur le plan sportif. La bascule s’est faite très rapidement, j’ai mis les études de côté et je me suis investis à fond dans le sport. J’ai eu des gros soutiens qui m’ont aidé à me concentrer sur le côté sportif, notamment ma femme que j’ai rencontré en 2001. On a construit une belle famille et on est très heureux dans le sud.

Parlez nous de votre parcours sportif post accident ?

Lors de mes débuts au tennis de table handisport, l’unique objectif était de prendre du plaisir, pour me défouler. Mais j’ai eu cette chance d’avoir mis les pieds dans un gros club qu’est le CSINI (Cercle Sportif de l’Institution Nationale des Invalides), j’ai pu côtoyer des personnes qui pratiquaient du sport à haut niveau, des para-athlètes qui préparaient les Jeux Paralympiques d’Athènes en 2004. A force de voir ces personnes là se préparer et d’avoir les yeux qui brillent, j’ai eu la motivation et l’envie de faire pareil. J’essayais d’en faire toujours plus, et j’ai eu la chance de côtoyer les meilleurs au monde, la France et la Chine étaient sur le toit du monde en para tennis de table. Je suis monté au fur et à mesure dans la hiérarchie et j’ai eu ce déclic. J’ai multiplié mes séances d’entraînement, avec l’objectif d’atteindre le niveau de l’équipe de France, il y a aussi cette force de caractère qui m’a permis d’accomplir tout ce que j’ai fait aujourd’hui.

Comment lier la vie de famille avec le sport de haut niveau ?

Toutes ces aventures que je vis, je le fais avec ma famille. Elle est partie prenante de ce projet sportif. Je suis souvent absent du foyer et vais très régulièrement à Issy les Moulineaux pour m’entraîner. Une partie de mon garage à Nans-les-Pins est aménagé pour pouvoir pratiquer le para tennis de table. Toute ma famille veut que je continue, notamment pour Paris 2024, ils sont fiers de moi.

Désormais, avec le recul que j’ai, je souhaite remercier infiniment le CSINI sans qui je n’aurais sûrement jamais eu cette carrière. Je suis très reconnaissant de tout ce qu’ils ont pu m’apporter dans cette aventure paralympique. C’est un super club où j’ai rencontré ceux qui m’ont aidé à atteindre le haut niveau.

Comment se passe la classification du handicap dans votre sport ?

Pour revenir à ma classification, on a de la chance au tennis de table d’avoir 10 classifications de handicap, 5 en fauteuil et 5 debout. Je suis classé en handicap 2, donc la 2ème catégorie la plus “handicapée”. Je suis atteint des 4 membres.

Pour finir, j’aimerai dire que j’adore intervenir dans les écoles et dans les entreprises qui me soutiennent, c’est important pour moi et pour les gens en général. J’adore échanger et remercier les personnes qui sont derrière moi.

Propos recueillis par Sophie Dufour